Quand un Rochecorbonnais nous faisait découvrir la Chine

Tandis que le Président de la République fait son périple en Chine, c’est l’occasion de nous remettre en mémoire un habitant de Rochecorbon qui nous a mieux fait connaître la Chine au XIXe siècle.

La carrière de Mouillesaux

Ce personnage est Jacques Auguste Charles Mouillesaux (parfois écrit à tort Mouilleseaux avec un E). Il est né le 28 mai 1848 près de Nevers (Nièvre). Après ses études il est appelé au service des Douanes impériales chinoises par le chargé d’affaires de France à Pékin.

À cette période la Chine s’ouvrait au monde et recrutait pour ses douanes -pour ses exportations- de nombreux étrangers.
Nota : en 1906 la porte de refermera, l’empereur reprenant les affaires en mains en mettant en avant sa nouvelle devise : « la Chine aux Chinois ».

En 1875 il s’installe à Tien-sin/Tianjin dont il est le Chargé des douanes puis le sous-directeur. Après un passage à Changai/Shanghai en 1883-1884 il revient à Pékin comme Commissaire des douanes, secrétaire général chinois de l’Inspectorat général. Il continue en Chine de poste en poste, de ville en ville jusqu’en 1900 où sa santé l’oblige à revenir définitivement en France. Il se repose alors à Rochecorbon, au château de Villesétier qu’il avait acquis en 1896.

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Le château de Villesétier (ou Villeseptier) au début du XXe siècle, à l’époque où Mouillesaux était son propriétaire. Carte postale collection Claude Mettavant.

Peintre amateur et photographe il a rapporté de nombreux témoignages de la vie chinoise de cette période. Il a également écrit quelques méthodes et dictionnaires chinois-français très utilisés alors.

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L’un des ouvrages de Mouillesaux. Source Gallica.

Il avait également meublé son château dans le style chinois qu’il avait bien connu et apprécié.

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Salon du château vers 1900. À droite Mme Mouilleseaux, à gauche sa fille Marie née en 1876 à Tien-sin. Photographie collection Claude Mettavant.

Mouillesaux de Bernières

30 août 1873 il avait obtenu, conjointement avec son frère, l’autorisation de compléter son nom en Mouillesaux de Bernières. Aussi sa fille unique, Marie, qui fut l’élève de Rodin est bien connue sous son nom de sculpteur de Marie de Bernières complété du nom de son époux Henraux. Elle exposa dans de nombreux salons, ses oeuvres sont recherchées. On peut en voir au musée des Beaux-Arts de Tours, au musée des Augustins de Toulouse ou celui de Périgueux, ville où elle est inhumée dans un caveau familial.

Le 14 décembre 1900 Mouillesaux est décoré de la Légion d’Honneur par le ministre des Affaires étrangères.

Fin de Mouillesaux et de son château

Il profita quelques années de son château : il y décéda le 30 avril 1917 et fut inhumé dans le cimetière de Rochecorbon.

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Avis publié dans le journal Le Temps du 5 mai 1917. Source Gallica.

Peu après, le 10 septembre 1919, un incendie se déclara au château. Sa situation géographique très excentrée lui fut fatale : le feu était très étendu lorsque les pompiers de Rochecorbon arrivèrent sur place. Malgré leur intervention (un des pompiers fut grièvement blessé) le château s’embrasa totalement et fut réduit en cendres. Il n’en existe plus aujourd’hui que les fondations.

Nota : l’histoire du château sera présentée lors de la prochaine conférence du Phare fin mars concernant la transformation de Rochecorbon pendant la Renaissance (XVIe siècle).

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